A la vigne tordue
Que mon oeil caressait
La grappe suspendue
Doucement mûrissait.
Car mon imprimerie
A, s'ouvrant au soleil,
La verte galerie
D'un pamper au fruit vermeil.
--Que les grappes sont belles!
M'écriais-je, et l'on peut
Bien en compter cent. Elles
Seront rouges sont peu.
Alors bonheur supreme
Et bonheur enfantin!
La marmaille que j'aime
Aura son grand festin.
O joyeuses vendanges
Pour les petits enfants!
Et comme mes cinq anges
Vont être triomphants!
Mais avant qu'on picore
Les raisins adoucis,
Il faut attendre encore
Au moins cinq jours ou six.
Cinq jours, o mes cinq anges,
Sont bien vite passés!
Nous aurons nos vendanges;
Mais soyez moins pressés.--
Moins pressés, pauvre père,
Moins pressés, as-tu dit!
L'homme croit, l'homme espère,
Et cet homme est maudit.
Car la mort, froide et sombre,
Me voyant triumphant,
A posé sa main d'ombre
Sur mon troisième enfant.
Friday, August 12, 2016
"L'empire" par Jean Gentil (Le Louisianais - 14 juillet 1877)
Comme héros de l'épée,
Du sabre, ou spandassin,
--Car il est l'épopée
D'un fleuret d'assassin--
Cassagnac de Gascogne
Crie, hurle, sacre et veut
Que le people se cogne
Pour le fils du neveu.
Il lui faudrait l'empire,
Le reste de Sedan,
Quelque chose de pire,
Si pire est cependant.
Empire, honte infinite
Abaissement profond,
Immense ignominie
Dont nul ne voit le fond!
Mais avant que la France
Rougisse à cet affront,
Pleure à cette souffrance
Et baisse ainsi le front,
Les hautes Pyrénées
Crouleront; l'on verra
Les Alpes étonées
Embrasser l'Ararat.
Ribauds, ribauderies!
Bazaine maréchal,
L'empire aux Tuileries,
Cassagnac senéchal!
Non, non, je vous l'assure:
Cet avilissement
Et cette flétrissure
Sont mensonges vraiment
Paris, la grande ville,
Des indignations,
Ecrasera la vile
Bande des scorpions.
Du sabre, ou spandassin,
--Car il est l'épopée
D'un fleuret d'assassin--
Cassagnac de Gascogne
Crie, hurle, sacre et veut
Que le people se cogne
Pour le fils du neveu.
Il lui faudrait l'empire,
Le reste de Sedan,
Quelque chose de pire,
Si pire est cependant.
Empire, honte infinite
Abaissement profond,
Immense ignominie
Dont nul ne voit le fond!
Mais avant que la France
Rougisse à cet affront,
Pleure à cette souffrance
Et baisse ainsi le front,
Les hautes Pyrénées
Crouleront; l'on verra
Les Alpes étonées
Embrasser l'Ararat.
Ribauds, ribauderies!
Bazaine maréchal,
L'empire aux Tuileries,
Cassagnac senéchal!
Non, non, je vous l'assure:
Cet avilissement
Et cette flétrissure
Sont mensonges vraiment
Paris, la grande ville,
Des indignations,
Ecrasera la vile
Bande des scorpions.
"Saluons l'Empire et Bazaine" par Jean Gentil (Le Louisianais - 7 juin 1887)
C'est bien vrai, nobles maitres,
Et les républicains
Sont d'effroyables reitres
Et d'atroces coquins
Ces âmes scélérates
Sont âmes de maudits,
De forbans, de pirates,
De loups et de bandits.
Veuillot, le doux apotre,
Le dit en se signant,
Et Cassagnac, un autre,
Le jure en trépignant.
Oui, la chose est certaine,
Et ce sont fripouillards,
Communards par centaine,
Arsouilles et braillards.
Ce Thiers, vieillard sinister
Et bourgeois impudent,
Voudrait être minister
Et même président.
Grévy vaut moins peut-être,
Etant un vieux Gaulois
Qui ment et veut paraitre
Un défenseur des lois.
Littré, laid Prométhée
Assis sur un bouquin,
Est un affreux athée
Dans la peau d'un coquina
Pour Gambetta, pécore
Du Forum, basochien,
Il vaut bien moins encore
Et n'est qu'un vilain chien.
Et cet autre qu'on nomme
Hugo le charlatan,
Qui braille des vers comme
Un âne trompetant?
N'ayons que de la haine
Pour ces gueux insoumis;
Mais saluons Bazaine,
L'empire et ses amis.
Et les républicains
Sont d'effroyables reitres
Et d'atroces coquins
Ces âmes
Sont âmes
De forbans, de pirates,
De loups et de bandits.
Veuillot, le doux apotre,
Le dit en se signant,
Et Cassagnac, un autre,
Le jure en trépignant.
Oui, la chose est certaine,
Et ce sont fripouillards,
Communards par centaine,
Arsouilles et braillards.
Ce Thiers, vieillard sinister
Et bourgeois impudent,
Voudrait être minister
Et même président.
Grévy vaut moins peut-être,
Etant un vieux Gaulois
Qui ment et veut paraitre
Un défenseur des lois.
Littré, laid Prométhée
Assis sur un bouquin,
Est un affreux athée
Dans la peau d'un coquina
Pour Gambetta, pécore
Du Forum, basochien,
Il vaut bien moins encore
Et n'est qu'un vilain chien.
Et cet autre qu'on nomme
Hugo le charlatan,
Qui braille des vers comme
Un âne trompetant?
N'ayons que de la haine
Pour ces gueux insoumis;
Mais saluons Bazaine,
L'empire et ses amis.
"La Croix" par Jean Gentil (Le Louisianais - 30 Juin 1877)
Allons, conspire,
Pour l'empire;
T'auras, je crois,
La †
Pour l'empire;
T'auras, je crois,
La †
"In limine coeli" par Jean Gentil (Le Louisianais - 30 juin 1877)
Un homme est à la porte,
Pas mal ultramontain:
-- Qui donc ici t'apporte?
Dit saint Pierre en latin.
--La mort! lui répond l'autre
D'un ton d'autorité.
Mais la mort d'un apotre
Et d'une Sainteté.
--Très possible, bonhomme;
Mais si tu ne viens point
Directement de Rome,
Je suis un talapoin.
--J'en arrive à cette heure,
Et je suis fort content
D'entrer dans ta demeure:
Ouvre-moi ce battant.
Car, vieux portier de garde
Et leveur de crochet.
Je veux qu'on me regarde
Autrement qu'au guichet.
--Qu'as-tu fais sur la terre,
Et dis-nous promptement
Tes oeuvres, sans mystère
Et point arrogamment?
--Je t'ai fait une niche
En marbre précieux ,
Avec une corniche
Riment. Mais autrement?
Car je n'ai pas , mon maître,
Besoin absolument
D'une niche d'un mètre,
Ou d'un appartement.
Mais les pauvres, ces ombres
Tristes de la Cité,
Les as tu faits moins sombres
Avec la charité?
--Les pauvres, mon bonhomme,
M'ont donné tant et tant.
Des monts d'or, une somme
Merveilleuse.--Va-t'en!
Pas mal ultramontain:
-- Qui donc ici t'apporte?
Dit saint Pierre en latin.
--La mort! lui répond l'autre
D'un ton d'autorité.
Mais la mort d'un apotre
Et d'une Sainteté.
--Très possible, bonhomme;
Mais si tu ne viens point
Directement de Rome,
Je suis un talapoin.
--J'en arrive à cette heure,
Et je suis fort content
D'entrer dans ta demeure:
Ouvre-moi ce battant.
Car, vieux portier de garde
Et leveur de crochet.
Je veux qu'on me regarde
Autrement qu'au guichet.
--Qu'as-tu fais sur la terre,
Et dis-nous promptement
Tes oeuvres, sans mystère
Et point arrogamment?
--Je t'ai fait une niche
En marbre précieux ,
Avec une corniche
Riment. Mais autrement?
Car je n'ai pas , mon maître,
Besoin absolument
D'une niche d'un mètre,
Ou d'un appartement.
Mais les pauvres, ces ombres
Tristes de la Cité,
Les as tu faits moins sombres
Avec la charité?
--Les pauvres, mon bonhomme,
M'ont donné tant et tant.
Des monts d'or, une somme
Merveilleuse.--Va-t'en!
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əˈpäsəl
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"Loyal Soldat" par Jean Gentil (Le Louisianais - 23 juin 1877
La bande s'est groupée,
Comme un troupeau craintif,
Autour de son épée
De vieux soldat rétif.
Ils la disent loyale,
Ils le disent Bayard:
Elle est plutôt royale
Et lui plutôt soudard.
Car ils sont, ce me semble,
En toute vérité,
Ceux que la peur rassemble,
Et non la loyauté.
Car le pacte, qui lie
De Meaux, monsieur Fourtou
Et le duc de Broglie,
Est superbe et dit tout.
C'est le passé, la haine
Ne voulant pas finir,
Et le nuit souveraine,
Faite sur l'avenir.
C'est l'aristocratie
Des colombiers caducs,
Et qu'en démocratie
On appelle les ducs.
C'est encore l'empire
De Metz et de Sedan,
Ou même chose pire,
Pire cependant!
Enfin, c'est Rome sombre,
Niant la liberté
Et couvrant de son ombre
Le vieux monde hébété.
A coup sûr, ils sont bande
De sinistres menteurs,
Et gens de contrebande,
Et noirs conspirateurs.
Comme un troupeau craintif,
Autour de son épée
De vieux soldat rétif.
Ils la disent loyale,
Ils le disent Bayard:
Elle est plutôt royale
Et lui plutôt soudard.
Car ils sont, ce me semble,
En toute vérité,
Ceux que la peur rassemble,
Et non la loyauté.
Car le pacte, qui lie
De Meaux, monsieur Fourtou
Et le duc de Broglie,
Est superbe et dit tout.
C'est le passé, la haine
Ne voulant pas finir,
Et le nuit souveraine,
Faite sur l'avenir.
C'est l'aristocratie
Des colombiers caducs,
Et qu'en démocratie
On appelle les ducs.
C'est encore l'empire
De Metz et de Sedan,
Ou même chose pire,
Pire cependant!
Enfin, c'est Rome sombre,
Niant la liberté
Et couvrant de son ombre
Le vieux monde hébété.
A coup sûr, ils sont bande
De sinistres menteurs,
Et gens de contrebande,
Et noirs conspirateurs.
Or si, ce gentilhomme,
Ce Bayard tant vanté,
Leur sourit, est leur homme,
Leur sabre de côté,
Sous peu l'on pourra dire,
Dans le conflit royal,
Ce que vaut, sans médire,
Le vieux soldat loyal.
"Cherchons les pauvres" par Jean Gentil (Le Louisianais - 16 juin 1877)
Buvez, mangez, mes maitres,
Etant riches, puissants,
Joyeux vivants, grand pretres
Et tout resplendissants.
Car la philosophie
N'exige aucunement,
Que l'on se mortitie
Et jeûne horriblement.
Etant riches, puissants,
Joyeux vivants, grand pretres
Et tout resplendissants.
Car la philosophie
N'exige aucunement,
Que l'on se mortitie
Et jeûne horriblement.
Une dinde bien grasse,
Tendre, truffée à point,
Ne nuit pas à la Grace
Et ne nous damne point.
Pour le vin, douce flame
Et douce ébriété,
Il nous réchauffé l'âme
Dans la joyeuseté.
Car le vin est suprême,
Et surtout le bon vin,
Et Rabelais lui-même
L'a déclaré divin.
Mais si vos jours de fêtes
Sont des jours glorieux,
Et si vraiment vous êtes
Des hommes très pieux,
Allez un peu dans l'ombre
Du pauvre, où le petit
Enfant a le front sombre
Et très grand appétit,
Où bien souvent la mère,
Voyant son sein tari,
Désespérée, amère,
En frissonnant sourit,
Où l'on souffre, où l'on pleure,
Où le temps douloureux
Parait allonger l'heure,
Au pauvre malheureux,
Où l'on maudit peut-être
Le riche, le puissant,
Le pontife, le maître
Et le resplendissant.
Car il faut, dans cette ombre
Et cette obscurité,
A des douleurs sans nombre
Porter la charité.
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