Railleurs, ne raillez pas le don de clairvoyance;
Les peuples ont tous cru de la même croyance,
Et le Dieu d'aujourd'hui n'est pas né ce matin.
Il est, fut et sera, miracleux, hautain,
Rayonnant dans sa gloire, immortel et suprême,
Et portant sur son front le monde en diadème.
Olympe ou Paradis, c'est le même credo,
Et Léon X croyait tout comme son bedeau.
Mais notre esprit borné tremble devant l'immense,
Notre oeil est ébloni quand l'infini commence,
Notre langue ne peut formuler le divin,
Et, pareils à Jacob, nous combattons en vain.
Ainsi Dieu l'a voulu. Mais ce Dieu, notre maître,
Le Miracle vivant, l'Etre qui donne l'être,
A voulu qu'entre l'homme, un serviteur pieux,
Et le haut Créateur qui règne dans les cieux,
Des anges blonds, des saints, des madones, des Dames,
Apparussent parfois aux enfants comme aux femmes,
Dans le bois solidaire ou le creux d'un rocher,
A l'heure où le soleil, très las, va se coucher.
L'heure du crepuscule est l'heure vaporeuse
Où la Dryade sort demi-nue et peureuse,
Où la Nymphe se baigne à l'ombre des bouleaux,
Où la Faune regarde à travers les roseaux,
Où la vapeur des soirs, dansant de branche en branche,
Fait dire au pastoureau; J'ai vu la Dame Blanche!
Les Grecs ont vu cela comme nous le voyons;
Ils ont même entendu chuchoter des rayons.
Or donc, bons pèlerins, allez remplir vos gourdes
Au pays bigorrais, près de Tarbes, à Lourdes.
Sunday, May 31, 2015
Saturday, May 30, 2015
"Veuillot et Loyson." par Jean Gentil (5 Octobre 1872)
Veuillot est un brave homme, un bon diable d'auteur,
Et son grand "Univers" est aimé du lecteur.
Qui donc n'aimerait pas l'"Univers" de cet homme,
Un journal parfumé, sentant bon, sentant Rome,
Exhalent une odeur de tendre sacritain,
En parlant quelquefois comme Saint-Augustin?
Les dévots en sont fous, les dévotes de même,
Le Bourbon de l'exil après déjeuner l'aime,
Dupanloup n'en dit rien, le grave communard
A pour lui le respect qu'on doit aux oeuvres d'art,
Et le curé des bourgs y lit ses Evangiles
Pendant les Quatre-Temps et pendant les Vigiles.
Et puis Maitre Veuillot, bien qu'étant séraphin,
Est un homme d'esprit très subtil et très fin,
Bien fidèle à l'Eglise, expert en la magie,
Connaissant sur les doigts notre théologie,
Croyant en Dieu peut-être, ayant les qualités
Qui font les hommes saints, béats et respectés.
Il aime le bon vin, les chiffrons de ces dames,
Les doux péchés mignons qui fleurissent les âmes,
Et les joyeux soupers. C'est un saint polisson
Qui prêche en cardinal, se conduit en garçon,
Et connait le menu des caillettes sacrées.
Il a droit à l'amour des chastes mijaurées,
Aux rendez-vous charmants à Saint-Thomas d'Aquin,
Etant simple laïque et point Dominicain.
Il n'a jamais fait voeu, comme Père Hyacinthe,
D'enfermer en lieu sûr une chasteté sainte.
Aussi comme il est beau, comme il est bien vengé,
Quand il sort de son lit chandement partagé,
Et qu'il frappe un Loyson, un bandit, un infâme,
Un prêtre, un apostat qui vient de prendre femme!
Et son grand "Univers" est aimé du lecteur.
Qui donc n'aimerait pas l'"Univers" de cet homme,
Un journal parfumé, sentant bon, sentant Rome,
Exhalent une odeur de tendre sacritain,
En parlant quelquefois comme Saint-Augustin?
Les dévots en sont fous, les dévotes de même,
Le Bourbon de l'exil après déjeuner l'aime,
Dupanloup n'en dit rien, le grave communard
A pour lui le respect qu'on doit aux oeuvres d'art,
Et le curé des bourgs y lit ses Evangiles
Pendant les Quatre-Temps et pendant les Vigiles.
Et puis Maitre Veuillot, bien qu'étant séraphin,
Est un homme d'esprit très subtil et très fin,
Bien fidèle à l'Eglise, expert en la magie,
Connaissant sur les doigts notre théologie,
Croyant en Dieu peut-être, ayant les qualités
Qui font les hommes saints, béats et respectés.
Il aime le bon vin, les chiffrons de ces dames,
Les doux péchés mignons qui fleurissent les âmes,
Et les joyeux soupers. C'est un saint polisson
Qui prêche en cardinal, se conduit en garçon,
Et connait le menu des caillettes sacrées.
Il a droit à l'amour des chastes mijaurées,
Aux rendez-vous charmants à Saint-Thomas d'Aquin,
Etant simple laïque et point Dominicain.
Il n'a jamais fait voeu, comme Père Hyacinthe,
D'enfermer en lieu sûr une chasteté sainte.
Aussi comme il est beau, comme il est bien vengé,
Quand il sort de son lit chandement partagé,
Et qu'il frappe un Loyson, un bandit, un infâme,
Un prêtre, un apostat qui vient de prendre femme!
Friday, May 29, 2015
"Libéralisme" par Jean Gentil (Le Louisianais - 31 août 1872)
Possédant aujourd'hui, de par le Constitu--
Tion, le droit sacré, si longtemps combattu,
De travailler pour soi, de changer de demeure,
De manger à sa faim, de peinter à son heure,
Même de s'enivrer impérialement,
Sans qu'un noble gendarme, au nom du réglement
Puisse vous empêcher de sommeiller sur l'herbe,
Ou bien vous molester pour un zig-zag superbe,
J'ai résolu, s'étant ni seul ni le premier,
Sentant l'âge venir et venir l'infirmier,
Et même désirant la vieillesse honorée
D'un maire de campagne à l'écharpe dorée,
De briser mon crayon de fade original,
De déchirer en deux mon stupide journal,
D'envoyer à Satan ma presse octogénaire,
Et de prendre un air vrai, charmant et débonnaire,
--Un air de bon bourgeois, pour vendre du jambon,
Du sucre, de la graisse et du Whiskey-Bourbon.
C'est un métier qui paie et vous rend honorable.
Un poëte affamé n'est qu'un vil misérable,
Et plus d'un citoyen, grand homme respecté,
Par le poivre et le lard jadis a débuté.
C'est dit, pesé, conclu. Le dernier de novembre,
Vers le commencement du froid mois de décembre,
Avec quatre barils de whiskey, deux tonneaux
De vin bleu, six gallons de poisons tout nouveaux,
Et du Bitter de Chien, j'ouvre comme les autres
Un cabaret pour noirs, pour blancs et pour apôtres.
Tion, le droit sacré, si longtemps combattu,
De travailler pour soi, de changer de demeure,
De manger à sa faim, de peinter à son heure,
Même de s'enivrer impérialement,
Sans qu'un noble gendarme, au nom du réglement
Puisse vous empêcher de sommeiller sur l'herbe,
Ou bien vous molester pour un zig-zag superbe,
J'ai résolu, s'étant ni seul ni le premier,
Sentant l'âge venir et venir l'infirmier,
Et même désirant la vieillesse honorée
D'un maire de campagne à l'écharpe dorée,
De briser mon crayon de fade original,
De déchirer en deux mon stupide journal,
D'envoyer à Satan ma presse octogénaire,
Et de prendre un air vrai, charmant et débonnaire,
--Un air de bon bourgeois, pour vendre du jambon,
Du sucre, de la graisse et du Whiskey-Bourbon.
C'est un métier qui paie et vous rend honorable.
Un poëte affamé n'est qu'un vil misérable,
Et plus d'un citoyen, grand homme respecté,
Par le poivre et le lard jadis a débuté.
C'est dit, pesé, conclu. Le dernier de novembre,
Vers le commencement du froid mois de décembre,
Avec quatre barils de whiskey, deux tonneaux
De vin bleu, six gallons de poisons tout nouveaux,
Et du Bitter de Chien, j'ouvre comme les autres
Un cabaret pour noirs, pour blancs et pour apôtres.
Thursday, May 28, 2015
"Simple Prose" par Jean Gentil (Le Louisianais - 24 août 1872)
L'homme à l'homme est méchant, et notre espèce humaine,
Manque de charité, tout comme si la haine
Faisait du bien à l'âme et nous rendait heureux,
Comme si le bonheur nous faisait malheureux.
Est-ce que notre jour, un égoisme sombre,
Deviendrait lumineux par un contraste d'ombre?
Est-ce que la misère est là pour affirmer
Le droit de s'applaudir ou bien de blasphemer?
Nous faut-il une arène, une froide colère,
La mort d'un combattant, la joie atrabalaire
D'un vainqueur satisfait? Les autres renversés,
Serons-nous plus joyeux, plus grands, moins insensés?
Oui, vraiment, l'homme à l'homme est méchant, et sa vie
Est un tissu doublé de faiblesse et d'envie.
Les plus intelligents par l'esprit, dont le coeur.
Devrait être un foyer d'amour toujours vainqueur,
Qui se doivent à tous par leur intelligence,
N'ont point le don divin de grâce et d'indulgence.
Etre maître est le but, l'égal est l'ennemi,
Et le pauvre d'en bas, sous le doux nom d'ami,
Joue au César romain contre son chien fidèle.
L'insoumis à César n'est qu'un vil infidèle,
Et s'il se soumettait, comme on a pu le voir,
On dirait que son droit n'était que son devoir.
On pardonne à l'esclave , au front qui s'humilie,
Aux peuples abaissés, à la race avilie,
Au rebelle à genoux, qui pleure et se soumet.
Mais tout César n'est point perché sur un sommet,
Et vous trouvez en bas, dans ce monde difforme,
Des tyrans de tout nom comme de toute forme.
Lupus lupo lupus! Mais l'homme a la raison
Et veut être obéi sans secours d'oraison.
C'est qu'il se voit partout et ne voit que lui-même;
Lui seul est tous, messieurs. Aimons-le tout de même.
Manque de charité, tout comme si la haine
Faisait du bien à l'âme et nous rendait heureux,
Comme si le bonheur nous faisait malheureux.
Est-ce que notre jour, un égoisme sombre,
Deviendrait lumineux par un contraste d'ombre?
Est-ce que la misère est là pour affirmer
Le droit de s'applaudir ou bien de blasphemer?
Nous faut-il une arène, une froide colère,
La mort d'un combattant, la joie atrabalaire
D'un vainqueur satisfait? Les autres renversés,
Serons-nous plus joyeux, plus grands, moins insensés?
Oui, vraiment, l'homme à l'homme est méchant, et sa vie
Est un tissu doublé de faiblesse et d'envie.
Les plus intelligents par l'esprit, dont le coeur.
Devrait être un foyer d'amour toujours vainqueur,
Qui se doivent à tous par leur intelligence,
N'ont point le don divin de grâce et d'indulgence.
Etre maître est le but, l'égal est l'ennemi,
Et le pauvre d'en bas, sous le doux nom d'ami,
Joue au César romain contre son chien fidèle.
L'insoumis à César n'est qu'un vil infidèle,
Et s'il se soumettait, comme on a pu le voir,
On dirait que son droit n'était que son devoir.
On pardonne à l'esclave , au front qui s'humilie,
Aux peuples abaissés, à la race avilie,
Au rebelle à genoux, qui pleure et se soumet.
Mais tout César n'est point perché sur un sommet,
Et vous trouvez en bas, dans ce monde difforme,
Des tyrans de tout nom comme de toute forme.
Lupus lupo lupus! Mais l'homme a la raison
Et veut être obéi sans secours d'oraison.
C'est qu'il se voit partout et ne voit que lui-même;
Lui seul est tous, messieurs. Aimons-le tout de même.
Wednesday, May 27, 2015
"Calédonie" par Jean Gentil (Le Louisianais - 3 août 1872)
Même aux nouveaux pays tout est bien vieux, ce semble,
Et l'homme de Sussex du plus au moins ressemble
A l'homme d'Amérique. Où donc est le nouveau?
Quand un navigateur passe bravement l'eau,
Découvre une autre mer, trouve une ile inconnue,
Un Eden d'ignorance où la pudeur est nue,
L'ile chaste devient un faubourg de cité,
Et l'on voit Taïti, la pure nudité,
La reine des flots bleus et des brises joyeuses,
Couvrir d'un malakoff ses formes gracieuses.
Pomaré déguisée en robe de satin,
Portant la triple jupe et le corset hautain,
Marchandant au vieux Juif le fil et la dentelle,
Faite comme une dame ou bien sa demoiselle,
N'est-ce pas ravissant? Et Pritchard nous vendra
Les chapeaux de rebut que dédaigne un vieux Rat.
O sainte poesie! Où courir d'aventure
Pour trouver le nouveau, le naif, la nature,
Ce qui ne peut mentir et ne ressemble pas
Aux mensonges écrits dans chacun de vos pas?
L'art nous poursuit partout, grimaçant, ridicule,
Et devant ses progrès la nature recule:
L'homme civilisé devient l'homme butor,
Et l'Indien se pavane en chapeau de castor.
Mais la Calédonie?..Oui, vraiment: l'on rapporte
Que la femme Kanak pour tout vêtement porte
Un bracelet de cuivre, un collier rouge et long,
Puis une jarretière au dessus du talon.
C'est simple, en vérité: mais en Calédonie,
Terre autrefois sauvage et maintenant bénie,
Les Maristes chrétiens et d'affreux communards
Y portent le progrès, la culotte et les arts.
Et l'homme de Sussex du plus au moins ressemble
A l'homme d'Amérique. Où donc est le nouveau?
Quand un navigateur passe bravement l'eau,
Découvre une autre mer, trouve une ile inconnue,
Un Eden d'ignorance où la pudeur est nue,
L'ile chaste devient un faubourg de cité,
Et l'on voit Taïti, la pure nudité,
La reine des flots bleus et des brises joyeuses,
Couvrir d'un malakoff ses formes gracieuses.
Pomaré déguisée en robe de satin,
Portant la triple jupe et le corset hautain,
Marchandant au vieux Juif le fil et la dentelle,
Faite comme une dame ou bien sa demoiselle,
N'est-ce pas ravissant? Et Pritchard nous vendra
Les chapeaux de rebut que dédaigne un vieux Rat.
O sainte poesie! Où courir d'aventure
Pour trouver le nouveau, le naif, la nature,
Ce qui ne peut mentir et ne ressemble pas
Aux mensonges écrits dans chacun de vos pas?
L'art nous poursuit partout, grimaçant, ridicule,
Et devant ses progrès la nature recule:
L'homme civilisé devient l'homme butor,
Et l'Indien se pavane en chapeau de castor.
Mais la Calédonie?..Oui, vraiment: l'on rapporte
Que la femme Kanak pour tout vêtement porte
Un bracelet de cuivre, un collier rouge et long,
Puis une jarretière au dessus du talon.
C'est simple, en vérité: mais en Calédonie,
Terre autrefois sauvage et maintenant bénie,
Les Maristes chrétiens et d'affreux communards
Y portent le progrès, la culotte et les arts.
Tuesday, May 26, 2015
"Souvenir" par Jean Gentil (Le Louisianais - 20 Juillet 1872)
Aux choses du passé quand l'âme se recueille,
Lorsque le doux vieillard retourne feuille à feuille
Les pages du long livre où sa vie a chanté
Et gémi tour à tour dans l'ombre ou la clarté,
Ce ne sont pas toujours, dans ce retour suprême,
Les endroits parfumés qu'on préfère et qu'on aime,
Les souvenirs brillants qui font le coeur hautain,
Les pages où notre âme, éprise d'incertain,
A rêvé le pouvoir et ses folles chimères.
Ce que nous préférons sont les choses amères;
Car la mélancolie a le front soucieux,
Et l'attendrissement a des pleurs dans les yeux.
La joie est fugitive et glisse sur notre âme,
Vague parfum de fleur ou sourire de femme;
Mais qui ne se souvient de son premier malheur,
Et qui donc oublia sa première douleur?
Vous en avez pleuré. Ce sont là douces larmes
Que le vieillard pieux se rappelle avec charmes,
Et qui brillent en lui, perles du souvenir,
Comme un dernier rayon du jour qui va finir.
Adonc, je me souviens dans ma folle existence
Que mon père irrité me fessa d'importance,
Et ça me cuit encor--pour avoir dit tout bas
A cousine Zoé que j'avais vu son bas.
Lorsque le doux vieillard retourne feuille à feuille
Les pages du long livre où sa vie a chanté
Et gémi tour à tour dans l'ombre ou la clarté,
Ce ne sont pas toujours, dans ce retour suprême,
Les endroits parfumés qu'on préfère et qu'on aime,
Les souvenirs brillants qui font le coeur hautain,
Les pages où notre âme, éprise d'incertain,
A rêvé le pouvoir et ses folles chimères.
Ce que nous préférons sont les choses amères;
Car la mélancolie a le front soucieux,
Et l'attendrissement a des pleurs dans les yeux.
La joie est fugitive et glisse sur notre âme,
Vague parfum de fleur ou sourire de femme;
Mais qui ne se souvient de son premier malheur,
Et qui donc oublia sa première douleur?
Vous en avez pleuré. Ce sont là douces larmes
Que le vieillard pieux se rappelle avec charmes,
Et qui brillent en lui, perles du souvenir,
Comme un dernier rayon du jour qui va finir.
Adonc, je me souviens dans ma folle existence
Que mon père irrité me fessa d'importance,
Et ça me cuit encor--pour avoir dit tout bas
A cousine Zoé que j'avais vu son bas.
Monday, May 25, 2015
"Plus de Dents" par Jean Gentil (Le Louisianais - 13 juillet 1872)
La Vénus Aphrodite aux blanches nudités,
Aux perles ruisselant sur ses flancs veloutés,
Aux cheveux arrondis sur des formes de reine,
Aus seins qu'a modelés la grâce souveraine,
Sublime d'impudeur, belle de volupté,
Peut agenouiller l'ange aux pieds de sa beauté.
Bah! la Vénus ardente aux nudités supremes,
Aux longs tressaillements de voluptés extrêmes.
Aux grands yeux allanguis dans un amour divin,
Ne vaut pas, croyez-moi, le broc gonflé de vin.
Le vin! C'est le bonheur, l'ivresse, la folie;
Quand on boit l'on se grise, et qui se grise oublie;
Il ne trahit jamais, il console toujours;
De vos nuits de tristesse il fait de joyeux jours;
Du bleu de votre ciel il peint un profond rose,
Et jamais un poete ennuyé, vieux, morose,
Dégoûté de Vénus, empoisonné d'encens,
Chauve d'illussions, de jeunesse et de sens,
N'a compris le bonheur parfait et délectable,---
Plus monté dans les cieux, qu'en roulant sous la table.
Aux perles ruisselant sur ses flancs veloutés,
Aux cheveux arrondis sur des formes de reine,
Aus seins qu'a modelés la grâce souveraine,
Sublime d'impudeur, belle de volupté,
Peut agenouiller l'ange aux pieds de sa beauté.
Bah! la Vénus ardente aux nudités supremes,
Aux longs tressaillements de voluptés extrêmes.
Aux grands yeux allanguis dans un amour divin,
Ne vaut pas, croyez-moi, le broc gonflé de vin.
Le vin! C'est le bonheur, l'ivresse, la folie;
Quand on boit l'on se grise, et qui se grise oublie;
Il ne trahit jamais, il console toujours;
De vos nuits de tristesse il fait de joyeux jours;
Du bleu de votre ciel il peint un profond rose,
Et jamais un poete ennuyé, vieux, morose,
Dégoûté de Vénus, empoisonné d'encens,
Chauve d'illussions, de jeunesse et de sens,
N'a compris le bonheur parfait et délectable,---
Plus monté dans les cieux, qu'en roulant sous la table.
Subscribe to:
Posts (Atom)